Témoignages pour l’Eglise, vol. 3 p. 483-486 Jour 460

Chapitre 73 — L’esprit d’indépendance *

Avant de quitter l’Australie, et depuis que je suis ici, il m’a été montré qu’un grand travail doit se faire en Amérique. Ceux qui ont pris part à l’œuvre à ses débuts disparaissent. Il ne reste parmi nous que quelques pionniers. Les lourds fardeaux qui reposaient sur des hommes ayant une longue expérience sont maintenant sur des épaules plus jeunes.

Ce transfert de responsabilités à des prédicateurs d’expérience plus ou moins limitée nous expose à des dangers contre lesquels nous devons nous mettre en garde. Le monde est plein de gens qui luttent pour la suprématie. L’esprit qui pousse à démolir ses compagnons, l’esprit de désorganisation est dans l’air que nous respirons. Il en est qui considère comme dangereux tout effort pour maintenir l’ordre; ils y voient une restriction apportée à leur liberté, et le redoutent comme le papisme. Ces hommes abusés considèrent comme une vertu la liberté de penser et d’agir d’une manière indépendante. Ils prétendent ne vouloir suivre l’avis de qui que ce soit, et pensent ne rien devoir à personne. Il m’a été montré que Satan s’efforce tout particulièrement de faire croire aux hommes que pour plaire au Seigneur ils doivent accomplir leur propre volonté, indépendamment des conseils de leurs frères.

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Il y a là un grave danger pour la prospérité de notre œuvre. Nous devons agir d’une manière prudente, sensée, en harmonie avec le jugement de conseillers craignant Dieu. Ce n’est qu’ainsi que nous serons en sécurité et que nous aurons de la force. Autrement, le Seigneur ne peut travailler avec nous, par nous et pour nous.

Oh, combien Satan se réjouirait s’il réussissait à s’introduire parmi nous et à y semer le désordre au moment où une forte organisation est indispensable pour éviter des soulèvements chimériques et réfuter des arguments non conformes à la Parole de Dieu! Il faut tenir les rênes d’une main ferme, afin que ne soient pas compromis l’organisation et l’ordre qui sont le fruit de la sagesse et d’un effort persévérant. Il faut barrer la route aux éléments de désordre qui veulent dominer l’œuvre.

Il en est qui pensent qu’en approchant de la fin des temps, chaque enfant de Dieu doit se conduire indépendamment de toute organisation religieuse. Mais le Seigneur m’a montré que dans notre œuvre l’indépendance comprise de cette manière n’existe pas. Les étoiles obéissent toutes à des lois, évoluant les unes et les autres selon la volonté de Dieu. Pour que l’œuvre du Seigneur puisse progresser d’une manière saine et solide, il faut de même qu’il y ait une union parfaite entre les croyants.

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Les efforts spasmodiques et irréguliers de certains chrétiens ressemblent à ce que font les chevaux indomptés. Lorsque l’un veut marcher, l’autre recule; à la voix de leur maître, l’un se précipite, l’autre reste sur place. Si nous n’agissons pas en harmonie dans la grande œuvre de notre époque, ce sera le désordre. C’est un mauvais signe lorsque des hommes refusent de s’unir avec leurs frères et préfèrent travailler seuls. Il faut que les ouvriers du Seigneur fassent confiance à ceux qui signalent tout écart des bons principes. Les hommes qui portent le joug du Christ ne peuvent tirer chacun de leur côté, ils doivent marcher avec le Sauveur.

Certains ouvriers du Seigneur se mettent au travail avec énergie, mais n’ont pas encore compris qu’ils ne devaient pas le faire seuls. Au lieu de s’isoler, qu’ils agissent de concert avec leurs frères. Sinon, leur activité s’exercera au moment inopportun et dans une mauvaise direction; elle sera souvent contraire à la volonté de Dieu, et par conséquent plus qu’inutile.

L’unite dans la diversite

D’autre part, ceux qui ont la direction du peuple de Dieu doivent se garder de condamner les méthodes de certains de leurs frères, qui sont inspirées par le Seigneur pour accomplir un travail que peu sont à même de faire. Que ceux qui sont responsables soient lents à critiquer les manières de procéder qui ne sont pas en harmonie avec leurs méthodes de travail. Qu’ils ne s’imaginent jamais que chaque plan doit porter l’empreinte de leur personnalité. Qu’ils ne craignent pas d’acquiescer aux méthodes des autres. En retirant leur confiance à un frère qui, avec humilité et avec zèle, accomplit un certain travail de la manière que le Seigneur lui a indiquée, ils retardent les progrès du règne de Dieu.

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Le Seigneur veut et peut employer des hommes qui n’ont pas reçu une bonne formation dans les écoles du monde. En douter, ce serait faire preuve d’incrédulité et limiter la puissance divine. Oh, s’il y avait moins de cette prudence intempestive, de cette méfiance! C’est ce qui prive de force l’Eglise, obstrue le chemin, empêche le Saint-Esprit d’employer certains hommes, retient dans l’inaction ceux qui voudraient travailler avec zèle pour le Christ, et dissuade d’entrer dans l’œuvre du Seigneur un grand nombre de croyants qui deviendraient d’utiles collaborateurs de Dieu, si l’occasion leur en était donnée.

Pour Ezéchiel, les roues au milieu des roues, les êtres vivants qui se meuvent avec elles, tout semble compliqué et inextricable. Mais la main de la sagesse infinie est au milieu des roues, et il en résulte un travail parfait. Chaque roue, dirigée par la main divine, se déplace en parfaite harmonie avec les autres. Il m’a été montré que les hommes sont enclins à rechercher une trop grande autorité et à vouloir diriger eux-mêmes l’œuvre du Seigneur. Ils laissent le grand Ouvrier en dehors de leurs méthodes et de leurs plans, et ne lui confient pas tout ce qui concerne les progrès de l’œuvre. Nul ne doit un seul instant s’imaginer qu’il est capable d’administrer les choses appartenant au grand JE SUIS. C’est lui qui, dans sa providence, prépare le chemin afin que son œuvre puisse s’accomplir par des moyens humains. Par conséquent, que chacun se tienne au poste du devoir, pour faire ce qui lui est demandé, en sachant que le Seigneur est son instructeur.

La Conference Generale

A maintes reprises, le Seigneur m’a montré que le jugement d’un homme ne devrait jamais être soumis à celui d’un autre. Ne considérons pas l’intelligence d’un seul ou même de quelques-uns comme suffisante pour diriger l’œuvre avec sagesse, et décider quels plans doivent être suivis. Mais lorsque, dans une session de la Conférence Générale, les frères venus de toutes les parties du monde se sont prononcés, on ne doit pas maintenir obstinément une indépendance personnelle et un jugement privé. Il faut se soumettre. Qu’un ouvrier du Seigneur ne considère jamais comme une vertu le fait de maintenir avec insistance une position indépendante malgré les décisions de la Conférence Générale.

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Parfois, lorsqu’un petit groupe d’hommes chargés de l’administration de l’œuvre a cherché, au nom de la Conférence Générale, à mettre à exécution des plans peu judicieux et nuisibles à l’œuvre de Dieu, j’ai dit que je ne pouvais plus considérer la voix de la Conférence Générale, représentée par ces quelques hommes, comme étant la voix de Dieu. Mais cela ne veut pas dire que les décisions de la Conférence Générale, constituée par une assemblée de représentants désignés régulièrement par toutes les parties du champ, ne doivent pas être respectées. Le Seigneur a conféré une autorité aux représentants de son Eglise universelle, assemblée en Conférence Générale. L’erreur que risquent de commettre certains, c’est d’attribuer à l’intelligence et au jugement d’un homme, ou d’un petit groupe d’hommes, l’autorité et l’influence dont Dieu a revêtu son Eglise, qui s’exprime par la voix de la Conférence Générale assemblée pour élaborer des plans en vue de la prospérité et de l’avancement de la cause.

Si cette puissance, que le Seigneur a placée dans son Eglise, était attribuée à un seul homme, et qu’il l’emploie pour se substituer au jugement d’autrui, l’ordre biblique s’en trouverait changé. L’influence de Satan serait des plus subtiles sur l’esprit de cet homme, et parfois même presque irrésistible. L’ennemi aurait ainsi l’espoir d’exercer cette influence sur un grand nombre d’esprits. Accordons à la plus haute autorité dans l’Eglise ce que nous sommes enclins à accorder à un homme ou à un petit groupe d’hommes.*

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Tatiana Patrasco

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